Cette méthode, dont Frederick Hudson1 est l’un des pères du coaching, défini le coach (dans notre cas l’enseignant) comme «une personne qui facilite l’apprentissage par l’expérience pour acquérir des savoir-faire orienté vers l’avenir. Il travaille avec des forces émergentes humaines ou organisationnelles pour capter une nouvelle énergie, du sens pour dessiner des visions et des plans neufs, pour générer les résultats désirés. Un coach est une personne dévouée à guider les autres vers davantage de compétences, d’engagement, de confiance en eux»2.
Cette approche pédagogique applique les outils suivant :
Le questionnement pour favorise l’échange et développer la réflexion
le feedback qui consiste à donner un avis sur la manière de faire et sur le comportement à suivre
l’écoute active pour une relation d’aide
l’effet-miroir qui porte un regard différent sur l’impact des comportements
L’approche systémique comme une méthode de résolution des problème mais non pas propre à l’apprenant mais bien selon l’interaction de celui-ci dans son environnent.
les simulations utilisées pour générer une prise de conscience de l’apprenant.
la vigilance pour le coach ou l’enseignement pour observer, prévoir, se situer et agir envers les interventions de l’apprenant.
L’analyse des forces et des faiblesses dans le but d’évaluer les forces à mettre en oeuvre pour le changement et ne pas avoir d’idées préconçus dans le choix des solutions à adopter.
«Le coaching apparaît comme un processus très structuré et sur mesure, nécessairement fondé sur une éthique forte et des outils de compréhension des comportements et des fonctionnements humains.»3
Aujourd'hui, chargé de cours à cette même université pour les étudiants à la majeure en design graphique, j'applique cette méthode d'enseignement pour son côté motivationnel pour le suivi de leurs travaux. Cette approche individualisée permet à l’apprenant de diriger ses travaux selon ses besoins de découvertes et le pousse à toujours se dépasser soit par le nombre d’essais ou par le niveau de qualité qu’il doit atteindre.
Cette méthode est nécessairement basée sur le rapport entre le tuteur et l’apprenant. Il positionne le tuteur comme un guide qui motive, questionne, simule et analyse la réflexion de l’apprenant tout en lui proposant des pistes de recherches et de réflexion pour approfondir ses connaissances. Il demande donc au tuteur une grande écoute et une excellente compréhension des objectifs que l’apprenant c’est fixés selon les critères demandés.
Le coaching et la formation à distance
Il est trop tôt dans mon cheminement pour affirmer que la méthode du coaching est possible en FÀD. Je pourrai traiter de ce sujet plus loin. Par contre, il m’est possible de faire des liens entre cette méthode et une approche constructiviste par les points suivants:
1- le développement de l’autonomie
2- la place laissée aux connaissances antérieures
3- la mise à profit d’un apprentissage actif.
4- l’exécution de tâches authentiques.
Par contre, la méthode de coaching propose un modèle beaucoup plus axé sur le plan motivationnel que l’approche constructiviste. Cette motivation, ou cet encouragement à ce dépasser, aide l’apprenant à bien orienter ces connaissances et propose un plan bien construit pour l’atteinte des objectifs.
Mes réflexions selon mes attentes en FAD
Dans ma quête d’apprendre à apprendre à distance avec une approche constructiviste, je dois avouer qu’il me manque cette proposition de plan, une structure qui propose une stratégie pour l’atteinte des objectifs ainsi qu’un calendrier des activités. Ce manque de structure risque de me démotiver si je me perd dans ce type de cheminement.
Contrairement à un enseignement en FÀD, l’apprenant sur campus doit rendre des comptes sur une base hebdomadaire à son tuteur soit par sa présence, soit par le partage de sa compréhension. Il n’a pas à se préoccuper de la disponibilité de l’enseignant pour son accompagnement car les rendez-vous sont fréquents et biens définis dans un horaire spécifique. En FÀD cette fréquence n'existe pas. Il faut donc l'initiative de l’apprenant pour communiquer avec le tuteur. Cette initiative réduira la distance bien réelle entre l’apprenant et le tuteur.
Mais quand l’apprenant doit-il avoir cette initiative?
Est-ce que l’apprenant est bien guidé de ce processus?
Qu’est-ce qui pousse l’apprenant à poser des questions sachant que l’apprentissage doit venir de lui?
Comment peut-il construit son savoir s’il se perd dans sa quête d’information?
Quel sont les raisons qui l’aiderons à réussir dans son cheminement d’apprentissage?
Voici quelques questions que je vais tenter de répondre pour l’apprentissage à distance.
1 Frederick Hudson, philosophe américain, fut l'un des pères du coaching, ses préoccupations portaient à la fois sur les âges de la vie et les cycles de changements
2 Traduction libre de Rouvin (2004: 52) du livre de Frederick Hudson (1999), The handbook of coaching, Jassey-Bass, 288 pages
Bibliographie
Rouvin, Amélie (2004). Clés pour le coaching. Paris, Édition Maxima.